LE MAL DE MER

Equipage le 2004-04-11

Commençant insidieusement, parfois brutalement, cet inconvénient majeur n'est pas inévitable...


Le plaisir de la navigation peut être sérieusement gâché par le mal de mer.

Il s'agit d'une perturbation du sens de l'équilibre, qui siège dans l'oreille interne.
C'est une réponse d'adaptation du corps à un environnement mouvant.

Certaines personnes y sont plus sensibles que d'autres. Il a été noté des premiers symptômes sur des sujets regardant un film de mer avec mouvements de bateau (donc totalement statiques dans leur siège) ! Ceci est tout à fait intéressant car cela démontre l'interaction entre le psychisme et le physique, et permet de dire qu'une partie secondaire du mal de mer est psychosomatique. Ceci a son importance quant aux traitements.

On peut distinguer deux formes du même mal :

- la forme primaire, qui frappe surtout les débutants, ou les navigateurs confirmés qui reprennent la mer après une longue période à terre.

Le mal de mer peut alors se manifester pratiquement dès la sortie d'un port, par mer même peu agitée.

Le corps doit s'adapter au passage du statique au dynamique. C'est la période dite d'"amarrinage". Celle-ci durera plus ou moins longtemps. On estime en croisière hauturière (navigation non-stop sur plusieurs jours) qu'au bout de deux, voire trois jours, le mal de mer s'estompe, le siège de l'équilibre ayant assimilé la nouvelle situation.

Aussi est-ce pour cela qu'une personne sujette au mal de mer, qui ne fait que de courtes sorties avec de longues périodes à terre sera susceptible d'en ressentir les désagréments, le corps devant s'habituer à chaque fois à la situation, et n'en ayant pas vraiment le temps.

Il est à noter que ce même mal de mer primaire a quand même tendance à s'estomper avec l'âge, et aussi l'habitude de sorties régulières, et assez longues. Le cerveau conserve une sorte de "mémoire" à long terme qui lui permet de s'adapter quasiment immédiatement aux variations de stimuli lors de nouvelles sollicitations.

- le mal de mer secondaire. Il s'agit bien entendu du même processus, mais retardé chez les personnes ayant l'habitude de la mer. Tout à fait à l'aise jusqu'à certaines conditions de mer, le mal les atteint quand ces limites sont dépassées.

Quels peuvent être les remèdes apportés pour éviter, ou atténuer, les effets du mal ?

Ils sont de deux ordres : préventifs et curatifs.

- à titre préventif :

Eviter les repas trop abondants et surtout alcoolisés avant départ

Essentiel : se couvrir chaudement. Il est déjà un peu tard de se mettre une petite laine si l'on commence à avoir froid. Il vaut mieux suer un peu que l'inverse. Ce facteur froid est particulièrement important dans l'apparition des premiers symptômes.

Différentes solutions sont offertes sur le marché, au plan médical. On peut recourir à l'allopathie (Mercalm par exemple, Dogmatil 50, ou autre), à l'homéopathie ou encore à l'acupuncture (bracelet). Pour une personne très peu amarinée, il est fortement recommandé d'utiliser avant le départ un de ces produits, à son choix.

Ceci a pour effet de calmer, autant que faire se peut, l'hyper-excitabilité nerveuse responsable du malaise.

Au plan psychique, il est remarquable de noter les vertus de l'action et de la distraction . Celles-ci n'éviteront pas la cause initiale, mais contribueront puissamment à empêcher le développement du mal de mer.

Prendre la barre est un excellent moyen, par l'attention que cela demande, pour concentrer le cerveau sur la tâche à accomplir, et lui éviter de se focaliser sur les influx nerveux négatifs.

Regarder la mer et l'horizon est également essentiel, dans la mesure du possible bien entendu. Combien de malaises débutent-ils quand une personne, jusque là en forme, veut descendre à l'intérieur du bateau, même pour un bref moment ? Cette étape est la suivante, quand le corps est suffisamment adapté pour pouvoir se le permettre.

- à titre curatif :

Les premières atteintes sont ressenties. Il n'est peut-être pas trop tard pour enrayer le mal en prenant un anti-nauséeux, et justement se mettre à la barre, afin d'éviter le cercle vicieux secondaire psycho-somato-psychique...

Si des nausées, puis vomissements surviennent, il est nettement préférable de s'allonger. La position assise (celle que l'on a dans le cockpit la plupart du temps) n'étant pas favorable.

Si le temps et la place le permettent, rester allongé, tête surélevée, bien couvert, sur un banc du cockpit, toujours en regardant la mer autant que faire se peut. Ce dernier point est important, car l'enregistrement des mouvements par l'oeil est relié en temps réel au siège de l'équilibre. C'est d'ailleurs la cause du mal de mer de l'"intérieur".

Il arrive un moment ou les conditions (pluie par exemple, ou manque de place à l'extérieur) obligent à descendre dans le bateau.
Comme à l'extérieur il faut rester allongé. Prendre un anti-nauséeux + anti-spasmodique (spasfon par exemple), doublé d'un sédatif afin de calmer l'hyper-excitabilité et favoriser l'assoupissement si possible.

Dans le meilleur des cas, si cet assoupissement a lieu, il n'est pas rare de voir au réveil la personne se sentir beaucoup mieux et, pourquoi pas, demander à manger ! On donnera donc de quoi se sustenter légèrement.

Dans les cas plus sévères, s'il s'agit d'une brève sortie, inutile de faire souffrir plus longtemps : cap sur le port, et à une prochaine fois, dans de meilleures conditions sans doute (vêtements chauds, médicaments préventifs etc...)

Si le bateau doit tailler de la route plusieurs jours de suite, le traitement sera le même. Les heures qui passent sembleront bien longues pour celui qui est atteint, mais qu'il se raccroche à l'idée (bénéfique) que c'est un (fort) mauvais moment à passer, et qu'après l'orage vient toujours le beau temps...






Les derniers commentaires :

 
Missing
Sybarite
Remède : mal de mer
= s'asseoir sous un arbre.
vendredi 21 mai 2004 22:10
 
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babou
OU ENCORE
Si tu fais du bato bois du porto ;-)
Non ?
jeudi 06 mai 2004 18:45
 
---
un autre
plus tu boit de pastis et plus tu glisse

ou alors

plus tu boit de pernod plus tu as la tete dans le seau

jeudi 06 mai 2004 18:13
 
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limpertinent
dicton
plus tu bois du Ricard, moins tu lance des renard
jeudi 06 mai 2004 18:02
 
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daniel.duchesne
réponse à gébé
gag or not gag that is the question
jeudi 06 mai 2004 11:01
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