les nomades marins

Equipage le 2005-01-15

Ils portent en eux la sagesse de leur folie, celle de vouloir échapper à un monde dans lequel ils ne reconnaissent mal, et de vouloir en découvrir de nouveaux...



les nomades marins les nomades marin
Ils portent en eux la sagesse de leur folie, celle de vouloir échapper à un monde dans lequel ils ne se reconnaissent pas...

"A mi no me gusta los gitanos del mar..." (je n'aime pas les gitans de la mer). Le gros mécano espagnol que j'avais en face de moi a employé ce terme pour la première fois, et j'ai pensé que cela était assez juste.

Du moment que j'avais de quoi payer sa réparation, je l'aurais quand même dispensé de ses réflexions !

Les gitans de la mer... Les nomades marins.

En mer, tout comme à terre d'ailleurs, il existe deux catégories : les sédentaires et les nomades. Peut-être ce deuxième type remonte-t-il du fond des âge, quand avant de se fixer en un endroit, les hommes se déplaçaient en permanence…

De nos jours, le besoin d'une vie permanente en bateau, et le désir de voyage maritime recouvre une réalité à plusieurs visages :

En fond commun à tous, on peut retrouver l'amour des voyages, de la découverte, et surtout de la mer (car d'autres moyens de voyager existent)

Pour certains, ce sera l'aboutissement et la réalisation d'un vieux rêve, enfin accessible après une vie de labeur.

Pour d'autres, ce sera aussi et surtout ce que j'appelle la "fuite positive", l'envie de quitter une forme de vie qui ne les satisfait pas ou plus, pour retrouver des valeurs que la société n'est pas en mesure de leur apporter.

Les motivations de celui qui part peuvent être donc diverses, et les raisons se combiner.

Mais il existe peut-être une cause cachée, plus profondément enfouie au coeur de l'homme...

Celle de se perdre dans l'immensité, de replonger dans l'enfance, de rebaigner dans le liquide amniotique de la mer-mère ? Tant aimée, tant haïe, caressante ou belle garce…

Une fois partis, les nomades se retrouvent souvent aux mêmes endroits. Ce qui est normal, puisque "qui se ressemble s'assemble". C'est une communauté flottante qui se fait et se défait au gré des routes, qui convergent ou divergent.

C'est là d'ailleurs un des charmes de cette vie : que serait le désert sans les Touaregs ? Que seraient les paysages sans présence humaine ?

Approche d'autres cultures, découverte d'autres types de sociétés, tout en restant dans le monde marin, celui qui est devenu le leur.

Ce monde marin si riche et si divers, fait d'alternance entre traversées de solitude et de chaleur humaine retrouvée.

Parmi ceux que la mer appelle, il y aura les élus qui continueront le voyage, d'autres qui s'arrêteront en cours de route pour différentes raisons : financières, familiales, ou plus simplement parce que ce n'était pas vraiment leur route…

Certains connaîtront cette vie pour quelques mois, ou quelques années… D'autres l'adopteront définitivement.

Car que l'on ne se fasse pas d'illusion : le grand voyage initiatique ne laissera jamais intact.











Les derniers commentaires :

 
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pascal11
quelques definitions...

C'est quoi un sédentaire? C'est quelqu'un qui a mis de la superglue dans ses charentaises et qui voit le monde d'où il se trouve et ne voit pas l'interet d'aller voir sur place, bien entourré qu'il est par ces correligionaires!

Un nomade lui va voir sur place, il se déplace en permanence pour varrier ses horizons, ses paturages, voir l'homme dans son milieu.

Un peu comme si l'on considerait d'une part ceux qui visitent les zoos et ceux qui parcourent le monde...

Le sédentaire a des charentaises, le nomade a des chaussures "le trappeur", des voiles, des ailes, des rames, des roues enfin quelues appendices qui lui permettent de voyager.


Un nomade peut emmener une compagnie avec lui, un sedentaire se colle à sa compagnie
dimanche 03 avril 2005 12:41
 
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Une question:

Quelle est la différence entre quitter et fuir ?

Y en a t il une ?
mercredi 30 mars 2005 20:56
 
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Ce que j'ai difficile à comprendre,


c'est ce qui vous empêche de voyager sans pour autant vous taxer de nomade

Perso, je me suis arrangé pour me débarrasser de tout ce qui pouvait m'empêcher de me faire plaisir, au moment ou j'en ai envie...

Je garde mon nid d'aigle bien tranquille que je quitte à loisir pour les destinations qui me conviennent à un moment précis sans contrainte ni obligation de temps...

Pour l'instant, ma barque est en plein reconditionnement, mais des qu'elle est ok nous repartons ensemble... Avec l'avantage de pouvoir la laisser pour revenir dans mon nid douillet à n'importe quel moment pour quelques jours ou quelques mois... et ensuite la retrouver pour continuer la balade

N'est-ce pas plus simple que de tout abandonner ?

Ma grotte est pleine de choses que j'aime, que je n'emmènerai jamais à bord bien sur... mais que je ne rejette nullement et n'ai aucune raison d'abandonner!

Ma façon d'agir diversifie mes récréations... donc que des avantages puisque je ne garde que le plaisir de chaque chose sans qu'aucune lassitude ne s'annonce à l'horizon et comme je m'adapte instantanément à toutes les situations je ne vois que du tout bon dans mon choix...

Bonne balade les cracks

pfffzzzz
mardi 29 mars 2005 20:04
 
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Chtit Luma
quelques remarques

1 - Vraiment super ce fil, un grand bravo aux contributeurs.
2 - Le terme de nomade marin est une vision purement "metro-boulot-dodo".
3 - Il vaut mieux un petit bateau ET une carte Visa.
4 - En dehors du voyage et de ses motivations, le seul fait d'habiter sur son bateau n'est-il pas deja en soi le premier des voyages ? Moi, je me sens bien rien qu'en retrouvant mon interieur marin. Si j'ai la chance de naviguer au gré d'une vie professionnelle voyageuse, cela ne m'empeche pas de rever au moment ou je serai libre de mon temps pour aller ou revenir. Loin ? Pas loin ? Peu importe car le reve est deja le voyage le plus doux. C'est peut-etre cela, le nomadisme.
mardi 29 mars 2005 12:52
 
Missing
Windjammer
des nomades?

A quelques exceptions près, les "nomades marins" ont construit ou se sont installés dans de solides maisons terriennes. Tabarly, le Toumelin, Jean Gau qui, à chacun des ses tours du monde, revenait vers ses racines à Sérignan, Bernicot vers son manoir et son vignoble, l'extraordinaire couple Pardey (400.000 milles, dont la plus grande partie sur successivement deux bateaux en bois SANS MOTEUR, QU'ILS ONT CONSTRUIT eux-mêmes ,ont acheté une très belle propriété en Nouvelle Zélande. Lorsque j'ai rencontré à la Corogne, Etienne Grenapin -le premier à avoir traversé l'Atlantique sur un "Muscadet" , il parlait de pré et de vaches plus que de mer. Moitessier avait une autre forme d'ancrage, sans laquelle nous n'aurions jamais pu lire son admirable dernier livre. Antoine est un homme d'affaires avisé et remarquablementorganisé, un exemple d'intelligence et d'équilibre, rien d'un nomade.

Question d'équilibre et d'accomplissement, tout simplement.

Un ou une série de voyages n'est pas une vie de nomade. C'est un "voyage au longs cours" tel qu'il n'existe plus dans les marines professionnelles; à la fois découverte, ouverture de l'esprit sur la Terre où nous vivons et "développement personnel" (comme dans "capitaines courageux" de Kipling)

Celui qui ne voit pas le bout de l'errance, c'est le routard paumé, ou le "tropical tramp" qui n'a été suffisamment structuré mentalement pour trouver son île, ou sa maison, ou son monastère. Son esprit délité flotte plus qu'il ne navigue. Autrement dit un clochard.

J'ai trouvé par hasard un poëme qui contient les questions et les réponses de notre fil.Nouvelle écriture de celui qui s'apprend dans les écoles; il mériterait tout autant d'être connu:

"Mélancolie

Heureux qui comme Ulysse fait un long voyage,
Portant autour du monde l'image des siens
Et à la nuit tombée caresse leur image
Promesse de retour, guide sur le chemin.

Heureux qui, comme Ulysse, sait ce qui lui manque,
Les mains de Pénélope et les jeux d'un enfant,
Les rivages d'Ithaque et l'écrin des calanques,
Il sait où il revient et il sait qui l'attend.

J'ai oublié mon île et perdu ma boussole
J'ai d'un lieu inconnu l'étrange nostalgie
Rien ne peut la contrer, et rien ne me console

Au milieu de la fête, je quitte mes amis
Abandonne le bal, sors de la farandole,
Terrassée par l'appel d'un ailleurs englouti "


Les "métro-boulot-dodo" peuvent rêver de nomadisme en mer. Cette position est fantasmatique: qui les empêche de partir? Rien, sauf de savoir qu'ils ne sont pas à la hauteur de la chose réelle. Le proverbe est vrai qui proclame: "celui qui veut faire quelque chose trouve les moyens. Celui qui ne veut pas le faire trouve des excuses".


en photo: les Pardey et une partie de leur bateau.
Un jour, ils ont commencé (chacun de leur côté).Ils ont appris, travaillé, avec beaucoup de courage, de réalisme, d'honnêteté intellectuelle .
Comme Antoine, ils naviguent et vivent ( plutôt bien) de ce qu'ils aiment. A chacun ses choix, mais qu'on ne vienne pas pleurer ensuite si le choix est mauvais (et qu'on ne crache pas sur ceux dont le choix était bon, ils ont, sans exception, payé de leur personne pour atteindre leur but). Le rève n'est qu'une étincelle,un déclencheur, même pas du vent. Après il faut "remonter ses manches".
mardi 29 mars 2005 11:50
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